Sammy

   

 

 

 


le reportage de cette saisie : lien

 

 

 

Cette saisie restera dans la mémoire de tous les refuges qui ont participé à la prise en charge de la soixantaine d’animaux présents sur place (un âne mais aussi des chevaux, poneys, bovins, cochons, chèvres, moutons, volailles, chiens, chats, lapin, cobaye,...).  De nombreux refuges étaient présents vu l’ampleur de la saisie : les refuges de la Fefracaf (Animaux en Péril, Animal Sans Toi…t, Le Rêve d’Aby, Equi’Chance et l’Oasis des Ânes) mais aussi le refuge d’Opale, la SPA de La Louvière, la SPA de Charleroi, Tabula Rasa et la Croix Bleue de Floriffoux.
Je me suis rendue sur les lieux de la saisie pour prendre en charge un âne, Sammy, étalon de 10 ans (né le 07/08/2007).  Tous les refuges concernés s’étaient donné rendez-vous non loin de l’endroit pour pouvoir arriver ensemble dès que l’UBEAW donnerait son feu vert.  Quand les refuges sont arrivés sur place, nous avons tous été effrayés par le nombre d’animaux présents et surtout l’état de détresse dans lequel ils se trouvaient. 
Derrière la maison, dans la boue, le cadavre d’une chèvre.  L’odeur était nauséabonde. L’ensemble des animaux à l’extérieur pataugeait dans une telle profondeur de boue et d’excréments qu’ils se déplaçaient très difficilement.  Des animaux étaient également présents à l’intérieur de la maison au milieu de leurs déjections et dans une odeur indescriptible.
La propriétaire était une personne privée qui ne faisait pas d’élevage et ne tirait pas profit de ses animaux.  Les animaux n’étant par contre pas stérilisés, ils se reproduisaient tous de manière anarchique. 
La propriétaire était atteinte du « syndrome de Noé » ou « animal hoarding », ces personnes appelées aussi « collectionneurs d’animaux ».  Il s’agit d’une maladie psychiatrique qui se caractérise par un besoin compulsif de détenir de plus en plus d’animaux alors que la personne n’arrive plus à les héberger, les nourrir et les soigner correctement par manque de temps et d’argent.  Il y a également trop d’animaux par rapport à l’espace de vie.  La personne atteinte de cette maladie croit sauver des animaux et est dans le déni total de leur souffrance.  Elle refuse de reconnaître les conditions de vie inacceptables de ses animaux même lorsque ceux-ci finissent par en mourir. 
La saisie a duré plus de cinq heures afin de prendre en charge les animaux.  Si Sammy, l’âne accueilli dans notre refuge a été relativement vite embarqué, je suis bien sûr restée sur place pour aider les autres refuges.  Les bovins et les cochons sont les animaux qui ont été les plus difficiles à faire monter dans les véhicules de nos collègues.
   
L’état de Sammy était inquiétant (pieds en babouche et déviés, maigre, infesté de poux, il souffre d’une boiterie au niveau du postérieur droit).  Il était couvert de boue et d’excréments séchés formant des amas aussi durs que de la pierre contre la peau sur l’entièreté des membres et du ventre.
Notre maréchal-ferrant est intervenu pour redresser les pieds qui sont tous déviés ; le postérieur droit l’était fortement et il a des difficultés à s’appuyer dessus.  Au moment de la clôture de cette revue, nous le laissons s’habituer à ses « nouveaux pieds » avant de faire des examens complémentaires au niveau de cette boiterie qui ne vient pas du pied.  Nous nettoyons petit à petit son poil.
Au niveau comportement, il a un contact correct avec l’humain et se laisse manipuler.   
   

   

revue 2ème trimestre :

L’état de Sammy a bien évolué depuis la saisie.


Son poil recouvert par un amas de boue et d’excréments séchés a pu être nettoyé petit à petit, jour après jour, afin de pouvoir enfin laisser respirer la peau. 

Après la première intervention de notre maréchal-ferrant étant donné l’état catastrophique de ses pieds (babouches et déviations importantes), nous avons fait intervenir notre ostéopathe car il souffrait d’une boiterie importante au postérieur droit sur lequel il ne savait pas prendre appui complètement. Il fléchissait aussi très fréquemment ce membre de manière très brusque en le ramenant sous lui (comme s’il recevait une décharge). 
L’ostéopathe a découvert bon nombre de problèmes.  Outre plusieurs vertèbres cervicales et lombaires coincées, le bassin était entièrement figé en rotation à droite.  Au niveau du postérieur droit, une importante tendinite du fléchisseur et les phalanges totalement figées (pas de flexion ni d’extension du pied).  Le fléchissement brusque du postérieur venait d’un nerf coincé qui provoquait effectivement des sortes de décharges.

   
Notre vétérinaire est donc à nouveau intervenue pour radiographier le postérieur droit.  La raison du problème est donc une ancienne fracture non soignée avec déplacement des métatarsiens qui s’est consolidée rendant les tendons fléchisseurs non mobiles à cause de la calcification. 
Il restera dès lors avec ce handicap.  Cela ne semble pas le faire souffrir mais la raideur de ce postérieur fait qu’il compense.  Il devra ainsi être suivi plus régulièrement que la normale par le maréchal-ferrant et bénéficier de séances d’ostéopathie toute sa vie.  Il faudra également qu’il ne prenne pas trop de poids pour ne pas surcharger ce postérieur.
Il a été castré et mis entièrement en ordre.  A l’heure d’écrire ces lignes, il n’est toujours pas calmé et reste très chaud en présence d’ânesses.  Il se trouve donc toujours au paddock qu’il partage avec Couscous et Noé avec qui il s’entend bien.
Il est très facile à manipuler et ne pose pas de problème à ce niveau.
   
   
   
   
   
   

 

 


Date d’arrivée au refuge : 13/03/2018
Provenance :
Date de naissance 07/08/2007
Sexe : hongre
Taille :
Robe : grise
Signes particuliers :